Il y a des fleurs arides qui se fanent plus rapidement.
Cependant d'autres demeurent à jamais dans la mémoire.
Antirieurement dans le ressac de la vie, j'étais vampirisé et la seule asile qui demeurait assez douce pour mon âme était la lecture.
Mon existence comme une chambre rouge, j'ai vécu en diapositive dans le caroussel de la longue journée sans réconfort.
Un jour, je suis entré dans une librairie.
Aujourd'hui, elle n'existe plus.
À l'intérieur de ce lieu d'histoire, il avait un type qui m'a dit :
« Qu'est-ce que tu aimes ?
~ J'en sais rien; toi, qu'est-ce que tu aimes ?
~ L'acquittement de Gaétan Soucy!
~ Je ne connais pas!
~ Tu ne l’oublieras pas, garantis!
Effectivement, il n'est plus et je suis incapable d'évacuer cette phrase de ma mémoire.
« La catastrophe essentielle qui fonde la réalité du monde, c'est la mort inéluctable de ceux qu'on aime. À qui prétendrait croire à l'irréalité des choses, il suffirait de rappeler la réalité du deuil. » - Gaétan Soucy. —
L'acquittement : roman / Gaétan Soucy - [Montréal] : Boréal - 1997, 122 p.
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