« Dans l'auditoire des hurlements...
Je me suis battu de vive voix, en matador cornu, contre l'obéissance. Rompre l'envoûtement pour faire respecter le voeu de Rimbaud. Ce poète ne veut pas qu'on le lise sa poésie en public; il désire que sa voix soit entendue en nous comme on entend les cloches de la guerre au loin.
Si proche de nous, de vous, de cette foule autour de moi, de ce cercle littéraire qui est outré par mes aveux. Ils essaient et ils essayent encore. Pour ma part, je crois que le poète veut que son oeuvre vive en nous. Il souhaite que nous respections l'esprit de son art, afin que son âme vive.
— Je vais vous montrer. » Je prends ma copie du recueil d'entre la ville et l'écorce. Je l'ai balancé au bout de mes bras dans une fente derrière une banquette (j’entends) « Va chercher!
— Non, est la plus grande affirmation de pourvoir de l'artiste.
— Mais ton livre est neuf, tu viens de l'acheter.
— Il n'est plus à moi maintenant.
— Quoi?
— Si quelqu'un le veut, si vous vous étirez le bras, je vous l'offre!
— Pourquoi, tu fais ça?
— Parce que l'auteur aime mieux que je lui dise que j'aime le corps d'ouvrage de son esprit et que peu importe vote penser à mon égard ou a son égard. J'adore son âme et j'affirme que oui, demain, j'irai, à nouveau, l'encourager en achetant un nouvel exemplaire de ce recueil. » — Luc du Ressac. — Tous droits réservés. -
« Il n'y a pas de maussade
Ni de noir ou de gris
Il n'y a que des oeillères »
— Robin Aubert. Entre la ville et l'écorce.
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