Il y a déjà quelques années, une connaissance m'a conseillé de lire — SCRAPBOOK — de Nadine Bismuth; roman. J'ai eu le temps d'oublier cette proposition comme des choses qui gèlent dans le congélateur de notre coeur.
L'année dernière, dans un hasard quelconque, je fouille les mots vides d'une étagère à la recherche d'un sentiment. À l'intérieur d'une sélection de livres usagés, je tombe sur le dos de la couverture. Je vois le titre de cette monographie: « SCRAPBOOK ». Mon aorte fait trois tours telle une boisson énergisante, cul de sec, bang, sur le comptoir!
Et vlan, je suis dans ce magasin pour une seule raison, je dois trouver un livre pour une formation cartésienne de garde du corps des ouvrages en ma possession direct et d'usager à venir.
Précédemment, mes pupilles sont dilatées. J'ai le coeur en pleine chicane de victimisation.... mais... pourquoi...? Bref, je suis à la recherche d'un ouvrage à la couverture souple avec lequel je veux jouer au chirurgien (un manque dans mon enfance, je présume).
S C R A P B O O K s'imprime sur mes iris, mon cerveau remonte le sablier numérique du temps, ma tête avec son circuit imprimer par une fausse génération retrouvée associe: le titre de l'oeuvre à la personne qui m'a déjà fait cette recommandation. Ma mémoire avertit l'homme à la cloche, en sentinelle de la matière grise qui doit dire oui ou non pour que ce document devienne un choix par excellence.
Hésitations: mes mains tremblent, j'ouvre le livre — pages luminaires — poursuite d'une page à l'autre sans que je puisse dire qu'il a un agent secret. Toute fois, je trouve une citation de Leonard Cohen, More Best Of « I'll bury my soul in a scrapbook. » Je bave comme un lépreux, mon esprit voit : trois âmes millionnaires au casino de la folie — ding! Ding! DING! Je saisis l'ouvrage à deux mains et je me dirige vers la caisse d'une autre époque.
Dans une seconde, le futur croisera le présent et ultérieurement, je devais me battre avec la littérature. Je vais jouer le rôle d'un type qui comprend la somme de ses erreurs. Ensuite, sans humeur, je devrais réparer la totalité, afin de faire plaisir éventuellement.
Le jour où je tombe entre deux chaises est là.
Premièrement, c'est comme un meurtre, on s'habitue jamais à torturer un livre, même si son titre est « Scrapbook ». Je dois me ressaisir et passer à l'action. À la page du prologue, je réalise une déchirure profonde. Je provoque cette horreur de mes doigts par un soudain coup de tristesse. Seigneur! Je m'arrête au binôme: « Chapitre 1 ». Ma tâche a été difficile, j'ai massacré un livre pour la science. Je respire un grand moment et aspire l'air dans l'image que j'avale du champagne.
Deuxièmement, c'est moins dur pour moi, je souffre. Je déchire la page treize du haut jusqu'au bas d'un geste manifeste. J'ai l’impression de tirer sur une nappe dans l'espoir de ne pas tout casser, mais oups!
Troisièmement, je suis capable de tout! J'ampute la page quinze de trois millimètres de haut en bas. Sauf que cette fois, j'ai de la classe, la coupure est parfaite, nette. Je suis pratiquement amoureux de mon travail. Ha! Ha! Attrapez-moi!
Quatrièmement, je veux faire souffrir cet artefact pour tout ce que j'ai enduré dans ma vie. Donc, je fais une multitude de petites déchirures sur la frange (peu importe, je suis sadique avec le papier).
Cinquièmement, je détache le coin de la dix-neuvième page et j'en rajoute encore...
Sixièmement, j'arrache le coin d'une autre page. Mais cette fois, je perds le triangle... je suis désolé... mais, je dois suivre les instructions!
Septièmement, je dois remettre en ordre ce bordel que j'ai créé pour l'art de vivre une nouvelle expérience. Je veux devenir docteur en bibliothérapie, sauf qu'à ce moment je ne le sais pas encore (poète, c'est mieux).
Aujourd'hui, des mois plus tard, je suis en rage, en manque, mais je suis fauché comme Woland me regardant avec une faux « non, non, n’achète pas un livre! » Cette tentation est redoutable, la culture me surveille et je dois m'y faire.
Dans les minutes suivant cette crise de lecteur, j'ouvre mon casier secret et plonge le bras dans la multitude de « bouquins » qui se trouve dans ce coffre-fort de dernier recours. Je vous entends dire, eille! Mais, non, je ne choisis presque pas, pige au hasard et « Scrapbook » est de retour dans mes mains avec une multitude de points de couture et d'opération de séduction. Je suis en pleine lune, allusions à venir... Altruiste! Je suis dans le grenier en pleine lecture...
« Malgré le conseil de Virginia Woolf selon lequel il faut, pour écrire, avoir une chambre à soi munie d'une serrure, j'ai confié à Léonie un double des clefs de mon trois et demie lorsque j'y ai emménagé. » - Nadine Bismuth. -
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Aux éditions Duffroy, qui publient son premier roman, Annie Brière fait la connaissance de Laurent Viau, correcteur d'épreuves de son métier. Laurent Viau n'est pas insensible au charme d'Annie...
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Pour feuilleter le livre
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